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Reçus fiscaux : la
procédure dite "de rescrit"
Page vérifiée en septembre
2010
Référence : Bulletin
Officiel des Impôts 13 L-5-04 du 19 octobre 2004
Au sommaire
de cet article :
- Pour bien comprendre : une définition
- Optez pour la sécurité juridique
du rescrit !
- Modèle de demande relative à
l'habilitation des organismes à recevoir des dons et
délivrer des reçus fiscaux
Nous l'écrivons souvent : certains
dirigeants imaginent que toute association peut délivrer
des reçus fiscaux à ses donateurs. Il
n'en est rien.
Les conséquences de cette erreur peuvent
être très lourdes financièrement, tant
pour l'association que pour les dirigeants
En effet,
l'article 1740 A du Code Général des Impôts
fixe l'amende fiscale à 25% des sommes indûment
mentionnées sur les reçus fiscaux ! De plus,
les dirigeants de droit ou de fait qui étaient en fonction
au moment de la délivrance de ces reçus sont
solidairement responsables du paiement de l'amende, si leur
mauvaise foi est établie.
Seuls certains organismes peuvent
délivrer des attestations de versements ouvrant droit
à un avantage fiscal.
Dit autrement, seuls certains organismes " bénéficient
des articles 200 et 238 bis du Code Général
des Impôts ".
Afin de garantir une plus grande sécurité
juridique aux organismes recevant des dons, l'article 1er
de la loi n° 2003-709 du 1er août 2003
ouvre la possibilité à ces organismes de s'assurer
auprès de l'administration fiscale qu'ils répondent
bien aux critères définis aux articles 200 et
238 bis du code général des impôts.
Pour bien comprendre : une
définition
Le rescrit est une prise de position
formelle de l'administration fiscale, saisie par un contribuable.
Elle porte sur la fiscalité applicable à une
situation précise. La procédure du rescrit
est une démarche facultative qui permet d'obtenir une
réponse opposable à l'administration
: lorsque l'Administration a formellement pris position sur
une situation de fait au regard d'un texte fiscal, elle ne
peut procéder à aucune imposition supplémentaire
qui serait fondée sur une appréciation différente
de cette situation .
Cette garantie s'applique dès lors
que le contribuable s'est conformé à la solution
retenue par l'Administration, qu'il est de bonne foi et que
la situation est exactement identique à celle sur laquelle
l'Administration avait pris position.
Elle ne peut prendre fin que dans trois cas
:
- la législation a évolué : la
garantie cesse dès l'entrée en vigueur des nouvelles
dispositions ;
- l'Administration modifie son analyse sur la situation
de fait qui lui a été présentée
; cette modification ne pourra s'appliquer qu'à compter
du jour où le contribuable en a été informé,
et seulement pour l'avenir.
- la situation de fait a été modifiée
: la garantie cesse de s'appliquer dès lors que la
situation de fait n'est plus strictement identique à
celle qui a été présentée.
Optez pour la sécurité
juridique du rescrit !
Selon l'article L80C du livre des procédures
fiscales (LPF), l'amende fiscale prévue à l'article
1740 A du CGI n'est pas applicable lorsque l'administration
n'a pas répondu dans un délai de six mois à
un organisme qui a demandé s'il relève de l'une
des catégories permettant la délivrance de reçus
fiscaux.
La demande doit répondre à
certaines conditions.
Selon l'article R80 C du LPF, elle est établie
conformément à un modèle fixé
par voie réglementaire :
elle précise le nom de l'organisme et son adresse ainsi
que l'identité du signataire : l'auteur de la demande
doit être clairement identifié et habilité
par l'organisme ;
elle fournit une présentation précise et complète
de l'activité exercée par l'organisme ainsi
que toutes les informations nécessaires pour permettre
à l'administration d'apprécier si celui-ci relève
de l'une des catégories mentionnées aux articles
200 et 238 bis du code général des impôts
;
elle est adressée, par pli recommandé avec demande
d'avis de réception, à la direction des services
fiscaux du siège de l'organisme. Elle peut également
faire l'objet d'un dépôt contre décharge.
Si la demande ne permet pas d'apprécier
la situation de l'organisme, le directeur invite l'auteur
de la demande, par lettre recommandée avec demande
d'avis de réception, à fournir les éléments
complémentaires nécessaires .
Le délai de six mois court à
compter de la réception de la demande ou à compter
de la réception des compléments demandés.
Une précision : Si la demande
est adressée à un service incompétent
ou non habilité, le délai ne commence à
courir qu'à compter de la réception par le service
compétent.
Une évidence : La réponse
positive de l'administration ne vaut que pour la situation
décrite. Elle ne pourrait valablement lui être
opposée si les éléments d'information
communiqués par l'organisme s'avéraient erronés
ou ne pas correspondre à sa situation réelle
ou actuelle.
Attention : L'administration peut revenir
sur sa position mais dans ce cas, elle doit en informer préalablement
l'organisme. Ce dernier aura alors trente jours pour présenter
ses observations. A l'expiration de ce délai, l'administration
peut notifier sa nouvelle décision à l'organisme.
En cas de réponse négative,
celle-ci doit comporter l'exposé des motifs qui la
justifient.
Une vive recommandation pour les associations
d'intérêt général (donc non cultuelles)
: Certes, la procédure de rescrit est facultative :
les associations n'ont pas l'obligation de demander une habilitation
avant de délivrer les reçus fiscaux aux donateurs.
Toutefois, nous la recommandons vivement : en son absence
et en cas de contestation par l'administration fiscale de
la faculté de délivrer des reçus fiscaux,
les conséquences pourraient être très
lourdes pour l'association et, peut-être même,
pour ses dirigeants !
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Modèle de demande
relative à l'habilitation des organismes à
recevoir des dons et délivrer des reçus
fiscaux
I - Identification de l'auteur de
la demande : nom, qualité, adresse, téléphone
II - Identification de l'organisme
(joindre une copie des statuts)
- Dénomination
- Adresse du siège social (et des établissements
)
- Objet statutaire
- Affiliation (fédération, groupement,
fondation
)
- Imposition aux impôts commerciaux : si oui,
lesquels ?
III - Composition et gestion de l'organisme
- Nombre de membres (personnes physiques, morales, autres
)
- Qualité des membres (droits de vote, convocations
aux assemblées générales
)
- Noms, adresses et professions des dirigeants (préciser
la fonction exercée au sein de l'organisme -
montant par dirigeant des rémunérations
et indemnités annuelles)
- Salariés : nombre, rémunération,
avantage en nature, fonctions éventuelles au
sein du conseil d'administration.
IV - Activités exercées
- Lieu d'exercice des activités
- Activités exercées (à titre permanent,
occasionnel)
- Modalités d'exercice (bénéficiaires
des opérations, prix pratiqués
)
- Description des projets en cours
V - Ressources de l'association
- Dons (indiquer le montant)
- Autres : cotisations, subventions, ventes, prestations
(indiquer le montant par nature de ressource)
- Existence d'un secteur lucratif (préciser la
nature de(s) (l')activité(s) lucrative(s) - la
répartition et le pourcentage des ressources
par catégorie (dons et autres) affectées
au secteur lucratif et non lucratif, la part respective
des effectifs ou des moyens consacrés respectivement
à l'activité lucrative et à l'activité
non lucrative)
- Y a-t-il une sectorisation entre le secteur lucratif
et le secteur non lucratif ? Préciser les modalités
pratiques de définition de cette distinction
(comptabilité distincte, affectation des ressources
et des charges entre les deux secteurs
)
VI - Observations complémentaires
Observations que vous jugerez utiles à l'appréciation
de la situation de l'organisme au regard des articles
200 et 238 bis du code général des impôts.
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