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Les bénévoles
Page vérifiée en octobre
2010
Au sommaire de cette page :
- 1. Définition
- 2. Bénévolat et travail salarié
- 3. Bénévolat et avantages en
nature
- 4. Bénévoles et remboursements
de frais
- 5. Cumul d'activités au sein d'un même
organisme
- 6. Bénévolat et chômage
- 7. Assurance
1. Définition
Le bénévolat est un contrat
dit gratuit qui se caractérise par la participation
volontaire au fonctionnement ou aux activités de l'association
sans aucune rémunération sous quelque forme
que ce soit (ni en espèces, ni sous la forme d'avantages
en nature).
Un bénévole peut ne pas être membre de
l'association.
Un bénévole n'est soumis à aucune
subordination juridique. Sa participation est volontaire
: il est toujours libre d'y mettre un terme sans procédure
ni dédommagement.
Toutefois, rien n'interdit de mettre au point
et de conclure une " convention de bénévolat
" qui fixera les droits et obligations des bénévoles
comme ceux de l'association.
Prudence extrême : une "
convention de bénévolat " ne doit pas s'apparenter
à un contrat de travail.
(Pour vous aider, visitez le site Internet de " France
Bénévolat " : http://www.francebenevolat.org)
2. Bénévolat
et travail salarié
une différenciation parfois
complexe
Il peut y avoir requalification du bénévolat
en contrat de travail si le bénévole est en
lien de subordination avec l'association qui l'occupe.
Dans ce cas, l'URSSAF ou le tribunal pourrait exiger le versement
d'une rémunération aux pseudo-bénévoles
avec versement des cotisations aux organismes sociaux.
Remarque : L'imposition d'un horaire
hebdomadaire est caractéristique d'un lien de
subordination. De même lorsque l'association détermine
unilatéralement les conditions de travail
au sein d'un service organisé ou sanctionne
les manquements éventuels.
Cependant, dans le cadre d'une association,
les membres adhérents peuvent accomplir, sous l'autorité
du président de l'association ou de son délégataire,
un travail destiné à la réalisation
de l'objet social, sans relever des dispositions du Code
du travail. Pour cela, entre autre, ils ne doivent
percevoir, le cas échéant, que le strict
remboursement des frais exposés par eux.
Si l'inspecteur du travail considère
que la relation entre une personne et une association cache
un contrat de travail, il peut dresser un procès-verbal
pour travail dissimulé. Ce procès-verbal est
alors transmis au Parquet qui peut éventuellement poursuivre
l'association devant le Tribunal correctionnel.
Illustration d'une requalification de relation
en contrat de travail
M. X et Mlle Y s'étaient engagés,
en exécution d'un contrat souscrit par eux, à
accomplir pour l'association Z et sous la tutelle de ses
représentants une mission d'assistance humanitaire
en Roumanie, à se conformer aux instructions, règles
de conduite et directives qui leur seraient données,
à respecter la Charte morale de l'association Z.
Celle-ci se réservait la possibilité de mettre
fin au contrat en cas de non-respect des clauses de ce contrat.
Le contrat prévoyait un versement
" per diem " sur place (frais journalier de subsistance)
et un pécule mensuel de 7.000 francs (1 067 €)
en France.
Suite à la rupture des relations
avec l'association Z, M. X et Mlle Y ont saisi la juridiction
prud'homale pour voir reconnaître l'existence d'un
contrat de travail et obtenir le versement d'indemnités
de rupture.
Le jugement de la Chambre Sociale de la
Cour de Cassation
Ayant agi sous le contrôle et la
direction de l'association Z, M. X et Mlle Y se trouvaient
de ce fait dans une situation de subordination caractéristique
de l'existence d'un contrat de travail.
L'association Z a donc été
condamnée.
Recommandation
Il ne faut pas abuser d'une terminologie
sans contenu juridique pour qualifier certaines formes de
collaboration donnant lieu à contrepartie et se croire
ainsi exonérés de toute responsabilité
d'employeur.
" Des règles de vie communautaire
exclusives de tout lien de subordination "
M. X est entré en qualité
de compagnon dans une communauté Emmaüs. Il
a réalisé des travaux de récupération
et de réparation dans le but de se réinsérer
socialement. Il a perçu des avantages en nature (hébergement,
nourriture) ainsi qu'une allocation hebdomadaire de 190
francs (29 €). Ayant été exclu, il a
estimé avoir été salarié de
l'association. Il a donc saisi la juridiction prud'homale
d'une demande de remise d'un certificat de travail, d'une
attestation Pôle Emploi et de bulletins de paye.
La cour d'appel d'Aix en Provence a jugé
que M. X était effectivement lié à
l'association par un contrat de travail du fait qu'il effectuait
une prestation de travail et recevait une rémunération
constituée d'avantages en nature et d'une allocation
hebdomadaire, qu'il existait un lien de subordination puisqu'il
recevait des instructions et des directives et que les responsables
pouvaient sanctionner l'exécution de la prestation
de travail.
La chambre sociale de la cour de Cassation
a cassé ce jugement estimant, qu'en intégrant
la communauté Emmaüs en qualité de compagnon,
M. X s'est soumis aux règles de vie communautaire
qui définissent un cadre d'accueil comprenant la
participation à un travail destiné à
l'insertion sociale des compagnons et qui est exclusive
de tout lien de subordination.
3. Bénévolat
et avantages en nature
L'absence de contrepartie financière
est la caractéristique essentielle du bénévolat.
Le bénévole ne doit donc percevoir aucune rémunération
non seulement en espèces, mais également sous
la forme d'avantages en nature.
Selon larticle L242-1 du Code de sécurité
sociale « sont considérées comme rémunérations
(en espèces) toutes les sommes versées aux travailleurs
en contrepartie ou à l'occasion du travail, notamment
les salaires ou gains, les indemnités de congés
payés, le montant des retenues pour cotisations ouvrières,
les indemnités, primes, gratifications et tous autres
avantages en argent, les avantages en nature, ainsi que les
sommes perçues directement ou par l'entremise d'un
tiers à titre de pourboire. »
Une rémunération, même
exclusivement composée d'avantages en nature (logement,
nourriture
), a la nature d'un salaire si l'existence
d'un lien de subordination est établie entre le collaborateur
et l'association.
4. Bénévoles
et remboursements de frais
Un bénévole peut être
défrayé des dépenses qu'il a engagées
pour l'association. Toutefois les remboursements de frais
doivent correspondre à des dépenses réelles
et justifiées par la présentation de factures.
A défaut de justificatifs :
du point de vue social, l'U.R.S.S.A.F. peut requalifier les
sommes versées au bénévole en salaires
déguisés !
du point de vue fiscal, une fraction peut être considérée
comme une véritable rémunération imposable
au nom des bénéficiaires dans la catégorie
des BNC (Bénéfices Non Commerciaux).
La chambre Sociale de la Cour de Cassation
a décidé que des personnes travaillant pour
la Croix-Rouge Française (mais non membres de l'association),
accompagnant des personnes isolées dans leurs voyages,
percevant des indemnités supérieures aux frais
engagés et, enfin, agissant sous l'autorité
du président de l'association, étaient liées
à elle par un contrat de travail.
Recommandation
Les notes de frais doivent être vérifiées
et approuvées par un responsable habilité.
5. Cumul d'activités
au sein d'un même organisme
Il est possible d'être à la fois
salarié et bénévole d'une même
association. Dans ce cas, les deux types d'interventions (salariées
et bénévoles) doivent être distingués
le plus exactement possible en précisant dans le contrat
de travail la nature des tâches et le nombre d'heures
affectées à l'activité salariée
et rémunérées comme telles.
6. Bénévolat
et chômage
Un demandeur d'emploi est tenu d'accomplir
des actes positifs de recherche d'emploi.
Il " peut exercer une activité
bénévole. Cette activité ne peut s'effectuer
chez un précédent employeur, ni se substituer
à un emploi salarié, et doit rester compatible
avec l'obligation de recherche d'emploi. L'exercice d'une
activité bénévole n'est pas considéré
comme un motif légitime pour se soustraire aux obligations
prévues à l'article L. 351-17 " c'est-à-dire
:
- l'acceptation d'un emploi ;
- l'acceptation du suivi d'une action de formation.
7. Assurance
Dans l'hypothèse d'un accident survenu
au bénévole alors qu'il participe à la
vie de l'association, la responsabilité civile de l'association
peut être engagée. En conséquence, il
est vivement recommandé aux associations de
contracter une assurance responsabilité civile pour
couvrir les risques encourus par les bénévoles.
© 2006 Alain LEDAIN
Cette page est tirée de la revue Entr'actes
(N° 46 - Septembre 2006)
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