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Les bénévoles
Au sommaire de cette page :
- 1. Définition
- 2. Bénévolat et travail
salarié
- 3. Bénévolat et avantages
en nature
- 4. Bénévoles et remboursements
de frais
- 5. Cumul d'activités au sein
d'un même organisme
- 6. Bénévolat et chômage
- 7. Assurance
1. Définition
Le bénévolat est un contrat dit gratuit
qui se caractérise par la participation volontaire au fonctionnement
ou aux activités de l'association sans aucune rémunération
sous quelque forme que ce soit (ni en espèces, ni sous la forme
d'avantages en nature).
Un bénévole peut ne pas être membre de l'association.
Un bénévole n'est soumis à aucune subordination
juridique. Sa participation est volontaire : il est toujours libre
d'y mettre un terme sans procédure ni dédommagement.
Toutefois, rien n'interdit de mettre au point et de conclure
une " convention de bénévolat " qui fixera les
droits et obligations des bénévoles comme ceux de l'association.
Prudence extrême : une " convention
de bénévolat " ne doit pas s'apparenter à un
contrat de travail.
(Pour vous aider, visitez le site Internet de " France Bénévolat
" : http://www.francebenevolat.org)
2. Bénévolat et travail
salarié
une différenciation parfois complexe
Il peut y avoir requalification du bénévolat
en contrat de travail si le bénévole est en lien de subordination
avec l'association qui l'occupe. Dans ce cas, l'URSSAF ou le tribunal
pourrait exiger le versement d'une rémunération aux pseudo-bénévoles
avec versement des cotisations aux organismes sociaux.
Remarque : L'imposition d'un horaire hebdomadaire
est caractéristique d'un lien de subordination. De même
lorsque l'association détermine unilatéralement
les conditions de travail au sein d'un service organisé
ou sanctionne les manquements éventuels.
Cependant, dans le cadre d'une association, les membres
adhérents peuvent accomplir, sous l'autorité du président
de l'association ou de son délégataire, un travail destiné
à la réalisation de l'objet social, sans relever des
dispositions du Code du travail. Pour cela, entre autre,
ils ne doivent percevoir, le cas échéant, que le strict
remboursement des frais exposés par eux.
Si l'inspecteur du travail considère que la relation
entre une personne et une association cache un contrat de travail, il
peut dresser un procès-verbal pour travail dissimulé. Ce
procès-verbal est alors transmis au Parquet qui peut éventuellement
poursuivre l'association devant le Tribunal correctionnel.
Illustration d'une requalification de relation en contrat
de travail
M. X et Mlle Y s'étaient engagés, en exécution
d'un contrat souscrit par eux, à accomplir pour l'association
Z et sous la tutelle de ses représentants une mission d'assistance
humanitaire en Roumanie, à se conformer aux instructions, règles
de conduite et directives qui leur seraient données, à
respecter la Charte morale de l'association Z. Celle-ci se réservait
la possibilité de mettre fin au contrat en cas de non-respect
des clauses de ce contrat.
Le contrat prévoyait un versement " per
diem " sur place (frais journalier de subsistance) et un pécule
mensuel de 7.000 francs (1 067 €) en France.
Suite à la rupture des relations avec l'association
Z, M. X et Mlle Y ont saisi la juridiction prud'homale pour voir reconnaître
l'existence d'un contrat de travail et obtenir le versement d'indemnités
de rupture.
Le jugement de la Chambre Sociale de la Cour de Cassation
Ayant agi sous le contrôle et la direction
de l'association Z, M. X et Mlle Y se trouvaient de ce fait dans
une situation de subordination caractéristique de l'existence
d'un contrat de travail.
L'association Z a donc été condamnée.
Recommandation
Il ne faut pas abuser d'une terminologie sans contenu
juridique pour qualifier certaines formes de collaboration donnant lieu
à contrepartie et se croire ainsi exonérés de toute
responsabilité d'employeur.
" Des règles de vie communautaire exclusives
de tout lien de subordination "
M. X est entré en qualité de compagnon
dans une communauté Emmaüs. Il a réalisé des
travaux de récupération et de réparation dans le
but de se réinsérer socialement. Il a perçu des
avantages en nature (hébergement, nourriture) ainsi qu'une allocation
hebdomadaire de 190 francs (29 €). Ayant été exclu,
il a estimé avoir été salarié de l'association.
Il a donc saisi la juridiction prud'homale d'une demande de remise d'un
certificat de travail, d'une attestation ASSEDIC et de bulletins de
paye.
La cour d'appel d'Aix en Provence a jugé que
M. X était effectivement lié à l'association par
un contrat de travail du fait qu'il effectuait une prestation de travail
et recevait une rémunération constituée d'avantages
en nature et d'une allocation hebdomadaire, qu'il existait un lien de
subordination puisqu'il recevait des instructions et des directives
et que les responsables pouvaient sanctionner l'exécution de
la prestation de travail.
La chambre sociale de la cour de Cassation a cassé
ce jugement estimant, qu'en intégrant la communauté
Emmaüs en qualité de compagnon, M. X s'est soumis aux règles
de vie communautaire qui définissent un cadre d'accueil comprenant
la participation à un travail destiné à l'insertion
sociale des compagnons et qui est exclusive de tout lien de subordination.
3. Bénévolat et avantages
en nature
Une rémunération, même exclusivement
composée d'avantages en nature (logement, nourriture
), a
la nature d'un salaire si l'existence d'un lien de subordination est établie
entre le collaborateur et l'association.
4. Bénévoles et remboursements
de frais
Un bénévole peut être défrayé
des dépenses qu'il a engagées pour l'association. Toutefois
les remboursements de frais doivent correspondre à des dépenses
réelles et justifiées par la présentation de factures.
A défaut de justificatifs :
du point de vue social, l'U.R.S.S.A.F. peut requalifier les sommes versées
au bénévole en salaires déguisés !
du point de vue fiscal, une fraction peut être considérée
comme une véritable rémunération imposable au nom
des bénéficiaires dans la catégorie des BNC (Bénéfices
Non Commerciaux).
La chambre Sociale de la Cour de Cassation a décidé
que des personnes travaillant pour la Croix-Rouge Française (mais
non membres de l'association), accompagnant des personnes isolées
dans leurs voyages, percevant des indemnités supérieures
aux frais engagés et, enfin, agissant sous l'autorité
du président de l'association, étaient liées à
elle par un contrat de travail.
Recommandation
Les notes de frais doivent être vérifiées
et approuvées par un responsable habilité.
5. Cumul d'activités au sein d'un
même organisme
Il est possible d'être à la fois salarié
et bénévole d'une même association. Dans ce cas, les
deux types d'interventions (salariées et bénévoles)
doivent être distingués le plus exactement possible en précisant
dans le contrat de travail la nature des tâches et le nombre d'heures
affectées à l'activité salariée et rémunérées
comme telles.
6. Bénévolat et chômage
Un demandeur d'emploi est tenu d'accomplir des actes positifs
de recherche d'emploi.
Il " peut exercer une activité bénévole.
Cette activité ne peut s'effectuer chez un précédent
employeur, ni se substituer à un emploi salarié, et doit
rester compatible avec l'obligation de recherche d'emploi. L'exercice
d'une activité bénévole n'est pas considéré
comme un motif légitime pour se soustraire aux obligations prévues
à l'article L. 351-17 " c'est-à-dire :
- l'acceptation d'un emploi ;
- l'acceptation du suivi d'une action de formation.
7. Assurance
Dans l'hypothèse d'un accident survenu au bénévole
alors qu'il participe à la vie de l'association, la responsabilité
civile de l'association peut être engagée. En conséquence,
il est vivement recommandé aux associations de contracter
une assurance responsabilité civile pour couvrir les risques encourus
par les bénévoles.
© 2006 Alain LEDAIN
Cette page est tirée de la revue Entr'actes
(N° 46 - Septembre 2006)
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