|
Renforcement des contrôles fiscaux
sur les associations - Question d'un parlementaire
|
Texte de la question
Les conditions d'appréciation du caractère
lucratif de l'activité d'une association ont été
clarifiées dans une instruction parue le 15 septembre
1998 au Bulletin officiel des impôts sous la référence
BOI 4 H-5-98. L'administration fiscale s'assure, à
l'occasion des contrôles fiscaux effectués sur
place ou du bureau, que les modalités d'exercice de
leur activité par ces associations respectent les conditions
d'exonération et, dans le cas contraire, en tire naturellement
toutes les conséquences.
Néanmoins, il est avéré que certaines
associations sont créées dans le seul but de
contourner la loi et sont composées de prêtes
nom qui ne mettent strictement rien en commun, ou qui ont
uniquement pour but de partager le bénéfice
résultant des activités commerciales de l'association
en se rémunérant de façon directe ou
indirecte.
Ces associations fictives exercent une concurrence déloyale
vis à vis des entreprises car elles peuvent avoir accès
aux subventions publiques, elles bénéficient
d'une fiscalité avantageuse et ne sont pas soumises
aux exigences comptables des sociétés commerciales.
Il convient donc de veiller à ce que seules les associations
réservant leurs prestations à un public spécifique
et exerçant une activité sociale sans but lucratif
bénéficient d'un régime d'exonération
fiscale.
M. Michel Havard (député UMP - Rhône)
appelle l'attention de Mme la ministre de l'intérieur,
de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur
la question du renforcement des contrôles pour les associations
exerçant une activité commerciale. Il lui demande
donc de bien vouloir lui préciser quelles mesures elle
envisage pour renforcer la surveillance des associations ayant
une activité commerciale afin qu'elles ne puissent
pas s'abriter derrière leur statut associatif pour
se livrer à une concurrence déloyale et dommageable
vis à vis des entreprises, notamment dans le secteur
du loisir, des établissements de nuits et des débits
de boissons.
Texte de la REPONSE publiée au JO le
02/09/2008 :
Le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction
publique a pris connaissance avec intérêt de
la question relative au renforcement des contrôles pour
les associations exerçant une activité commerciale.
Le non-respect des dispositions fiscales par des entreprises
ou des associations qui exercent une activité commerciale
est de nature à leur procurer un avantage concurrentiel
par rapport aux entreprises respectueuses de leurs obligations.
La finalité du contrôle fiscal est, comme le
souligne l'honorable parlementaire, de prévenir ces
situations afin d'assurer l'égalité de tous
devant l'impôt et de sanctionner les manquements.
Des consignes permanentes en ce sens sont données
aux services chargés des opérations de contrôle
fiscal. Les associations sont contrôlées lorsque
des anomalies ou incohérences sont détectées.
Dans ce cas, l'administration examine la nature exacte de
leur activité, le caractère désintéressé
ou non de leur gestion et de manière générale
leurs modalités de fonctionnement et la correcte application
de leur régime fiscal au regard de celles-ci.
Ainsi, les contrôles d'associations opérés
en 2007 ont conduit à des rappels de 45 millions d'euros
majorés et 15 millions d'euros d'intérêts
de retard et pénalités.
© 2008 ACTES 6 Gestion - Entr'actes
55
|