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C - I . Introduction à la comptabilité
des associations en général et des églises
en particulier
Page actualisée
en octobre 2010
Au sommaire de cette page :
- 1. Rôle et principes de la comptabilité
- 2. Mise en oeuvre
- 3. Les règles à observer
La loi 1901 n'impose aucune obligation comptable à
l'ensemble des associations à l'exception des congrégations
visées dans la loi elle-même et des associations
reconnues d'utilité publique dans le décret
d'application. Cependant :
- tenir une comptabilité est indispensable pour gérer
efficacement les finances d'une association ;
- des obligations découlent de certains types d'activités.
Ainsi, une association qui produit des biens ou des services
exerce une activité économique. Il en est de
même d'une association qui vend des marchandises.
Exerçant une activité
économique, une association est dans l'obligation de
tenir une comptabilité.
Quant à la loi 1905, elle oblige toutes les
associations cultuelles à tenir une comptabilité
selon certaines règles.
C - I - 1. Rôle et
principes de la comptabilité
(concerne TOUTES les associations)
La comptabilité est :
un
moyen de gestion,
Les dirigeants doivent savoir constamment
où ils en sont, où ils vont, ce qu'ils possèdent,
ce qui leur est dû et ce qu'ils doivent.
un moyen de direction financière de l'association,
un
moyen d'information des donateurs à qui l'on rend
compte de l'utilisation des fonds conformément aux
volontés exprimées et à l'objet social
de l'association,
un
moyen d'information des membres, des salariés, des
banques et des tiers en général,
un
moyen de prévision,
un
moyen de preuve, si celle-ci est tenue régulièrement
(c'est-à-dire selon les règles),
un
moyen de justification des résultats comptables obtenus,
un
moyen de calcul de l'assiette des différents impôts
éventuellement.
La comptabilité permet de saisir, classer, enregistrer,
observer, analyser les opérations financières
de l'association et de retracer toutes les transformations
subies par les capitaux mis à sa disposition.
Elle permet aussi de fournir un ensemble de documents de
synthèse (compte financier ou compte de résultat,
bilan).
C - I - 1.1 La comptabilité doit être
tenue selon certains principes :
La fidélité : Donner de la situation
et des opérations de l'association une description
adéquate, loyale, claire, précise et complète
du patrimoine, de la situation financière et du résultat
de l'association.
La
sincérité : Appliquer de bonne foi les règles
et les procédures. Les responsables ne doivent pas
s'abstenir de traduire comptablement les informations dont
ils ont connaissance.
La
régularité : Se conformer aux règles
et procédures en vigueur.
La
prudence : Eviter de donner une vue trop optimiste de
la situation financière de l'association.
La
prééminence de la réalité sur
l'apparence
Une application de ce principe : Effectué
à titre gratuit par nature, le bénévolat
ne laisse aucune trace au plan financier. Pourtant il peut
présenter un caractère significatif. Certaines
associations sont donc amenées à le valoriser
comme le préconise le règlement comptable
CRC 99-0.
La séparation ou lindépendance des
exercices comptables
Ce principe sapplique pour les
comptabilités dengagement et consiste à
calculer le résultat comptable uniquement à
partir des charges et des produits de lexercice.
C - I - 1.2 L'établissement des documents
de synthèse doit respecter certaines règles.
Entre autre :
La permanence des méthodes : Appliquer les mêmes
méthodes au cours des périodes annuelles afin
de permettre la comparaison dans le temps de l'évolution
de l'association. Si des modifications dans les méthodes
interviennent, il faut les décrire et les justifier.
La
continuité de l'activité : L'association
est présumée poursuivre ses activités.
Dans le cas contraire, il y a lieu de le signaler dans l'annexe
comptable.
D'autres principes doivent être
appliqués. Ils seront décrits plus loin...
C - I - 2. La mise en uvre
C - I - 2.1 Associations 1905 : ce qu'imposent
les textes
Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation
des églises et de l'Etat
Article
21 : " Les associations et unions tiennent
un état de leurs recettes et de leurs dépenses...
"
Décret du 16 mars 1906
Article
38 : " L'état des recettes et des dépenses
des associations cultuelles, avec l'indication de la cause
et de l'objet de chacune des recettes et des dépenses,
est tenu sur un livre-journal de caisse coté et paraphé
par le directeur de l'enregistrement du département
ou par son délégué.
Ce livre est arrêté, chaque année, au
31 décembre. "
C - I - 2.2 En pratique
Toute association devra opérer un premier choix :
travailler en " dépenses - recettes ", c'est
le " minimum " imposé par la loi 1905, ou
tenir une " comptabilité d'engagement ".
La " comptabilité d'engagement " ou "
comptabilité en partie double " impose l'application
du Plan Comptable Général et l'utilisation de
l'informatique.
Ce dernier type de comptabilité nécessite un
minimum de connaissances. Il vous est donné dans la
suite de ce cours
Ayant choisi le type de comptabilité à mettre
en uvre, on décidera du recours à l'informatique.
Comme il est déjà écrit, ce recours est
quasi-obligatoire dans le cadre d'une comptabilité
d'engagement. Par contre, en partie simple (c'est-à-dire
en " dépenses-recettes "), il sera possible
de travailler sur des livres-journaux de trésorerie
cotés décrivant les recettes et les dépenses.
C - I - 2.2.1 Travailler en partie simple
sur des livres-journaux
Le " directeur de l'enregistrement du département
" et " son délégué "
n'existent plus. Il faudra donc se rendre au greffe du Tribunal
de Commerce pour le paraphe des livres-journaux. Chacun
d'eux recevra un numéro d'identification répertorié
par le greffier sur un registre spécial.
Cette formalité donne " force probante "
à la comptabilité.
Les livres journaux pourront se présenter sous la
forme proposée ci-après. Les opérations
sont enregistrées chronologiquement :
JOURNAL DE BANQUE
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N°
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Date
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N° de pièce comptable
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Libellé de l'écriture
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Référence
(N° de chèque...)
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Recettes
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Dépenses
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Soldes
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Rap-proché
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Report : |
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1085,35 €
|
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1085,35 €
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| 1 |
21/10/N |
BQ151 |
Déplacements de M.
Dupont |
Chèque N° 5083008 |
|
200,00 €
|
885,35 €
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| ... |
... |
... |
... |
... |
...
|
...
|
...
|
...
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A reporter : |
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|
Evidemment, on ouvrira autant de journaux que de comptes
de trésorerie. Ainsi, possédera-t-on certainement
un journal de caisse.
Quelques évidences :
Les pages ne doivent pas être déchirées,
surchargées, raturées ou illisibles,
Les reports doivent être correctement reportés
d'une page sur l'autre,
Les écritures ne doivent pas être passées
au crayon papier mais à l'encre.
C - I - 2.2.2 Comptabilité et informatique
Il est clair que l'on ne peut employer un tableur pour
tenir une comptabilité : Les données saisies
peuvent toujours être modifiées ; ce qui ôte
toute valeur de preuve à la comptabilité.
Selon l'instruction fiscale 13 L-1-06 du 24 janvier 2006
, pour être sincères, régulières
et probantes, les comptabilités informatisées
doivent être constituées d'écritures
comptables intangibles après validation et numérotées
chronologiquement.
Ainsi, tout logiciel de comptabilité doit répondre
à certaines obligations ; entre autre :
il doit prévoir une procédure de validation
qui interdit toute modification ou suppression des écritures
comptables (PCG § 420-5) ;
il doit prévoir une procédure de clôture
destinée à figer la chronologie et à
garantir l'intangibilité des enregistrements (PCG
§ 420-6) ;
il doit établir, sur papier ou éventuellement
sur tout support offrant les conditions de garantie et
de conservation définies en matière de preuve,
des états périodiques numérotés
et datés récapitulant dans un ordre chronologique
toutes les données qui y sont entrées, sous
une forme interdisant toutes insertions intercalaires
ainsi que toutes suppressions ou additions ultérieures
;
il doit répondre à des exigences de sécurité
et de fiabilité.
Même si ces conditions découlent
juridiquement du Plan Comptable Général, elles
doivent être vérifiées par tout type
de comptabilités informatisées, y compris
par celles tenues en partie simple.
Parenthèse juridique : A propos
des écritures validées
Rectifier des écritures comptables validées
constitue donc une transgression des règles comptables
mais aussi un délit informatique passible
de sanctions pénales.
En effet, l'article 323-3 du Code pénal dispose
que : " Le fait d'introduire frauduleusement des
données dans un système de traitement automatisé
ou de supprimer ou de modifier frauduleusement les données
qu'il contient est puni de cinq ans d'emprisonnement et
de 75.000 euros d'amende ".
Un arrêt de la cour de Cassation précise que
" le seul fait de modifier ou de supprimer
des données contenues dans un système de traitement
automatisé caractérise un délit même
si l'auteur n'est pas animé de la volonté
de nuire ".
Moralité : Une écriture validée
mais erronée doit être contre-passée
(passée à l'envers) puis rectifiée
par une autre écriture.
C - I - 3 Les règles
à observer
C - I - 3.1 Caisse, relevés de banque
et comptabilité
Il ne doit pas y avoir de différences entre les soldes
financiers réels et les soldes calculés à
partir des écritures comptables inscrites en comptabilité.
Pour cela, vous devez périodiquement :
- contrôler les espèces en caisse et le montant
des espèces inscrit en comptabilité,
- élaborer des états de rapprochement bancaire.
Le rapprochement bancaire , une
opération essentielle pour la crédibilité
du suivi de trésorerie.
Dans la pratique, le solde en comptabilité et celui
du relevé de banque sont rarement égaux car
les opérations ne sont pas être enregistrées
simultanément dans la comptabilité de l'association
et dans celle de la banque pour diverses raisons :
- les chèques émis par l'association ne sont
comptabilisés par le banquier qu'après encaissement
par le bénéficiaire ;
- le banquier enregistre des virements au bénéficie
de l'association et informe celle-ci dans un deuxième
temps ;
- des erreurs sur les sommes peuvent être commises par
l'association ou, plus rarement, par la banque.
La technique de l'état de rapprochement va permettre
de justifier les différences de soldes.
Le " rapprochement bancaire " est l'action
qui consiste à associer les opérations déjà
enregistrées dans la comptabilité de l'association
et dans la comptabilité de la banque afin de faire
apparaître les écritures isolées, c'est-à-dire
enregistrées uniquement d'un côté ou de
l'autre.
Concrètement
La manière la plus simple d'effectuer un rapprochement
bancaire consiste à prendre la liste des opérations
enregistrées par l'association d'une part, et la liste
des opérations enregistrées par la banque d'autre
part. Il s'agit ensuite de " pointer ", c'est-à-dire
cocher, les opérations que l'on retrouve des deux côtés.
En croisant les informations de la banque et celles de la
comptabilité, on élabore un état de rapprochement
dont voici un exemple :
|
Etat de
rapprochement au 28 février 20xx
|
| Solde du relevé
de compte de la Banque Postale du 28 février
20xx |
5 700,00 €
|
| Chèques émis, inscrits
sur le livre journal avant le 28 février
20xx et n'apparaissant sur aucun relevé de
compte (antérieur au 28 février 20xx)
: |
| - Chèque n° 7853615 |
-200,00 €
|
| - Chèque n° 7853618 |
-300,00 €
|
| Chèques
déposés sur le compte CCP, inscrits
sur le livre journal avant le 28 février
20xx et n'apparaissant sur aucun relevé de
compte (antérieur au 28 février 20xx)
: |
| - Don de M. MARTIN |
+100,00 €
|
| - Don de M. DUPONT |
+250,00 €
|
| Solde du journal du compte
de la Banque Postale au 28 février 20xx |
5 550,00 €
|
|
Recommandations :
N'oubliez pas d'éditer un état de rapprochement
en date de fin de période comptable (au 31 décembre
pour les associations cultuelles). Il vous sera demandé
par la ou les personnes chargées du contrôle
des comptes.
Dans la pratique, le rapprochement bancaire nécessite
patience et rigueur. Prenez votre temps et soyez exhaustif
dans votre contrôle. Mieux vaut reporter le moment où
le rapprochement sera fait plutôt que de le faire dans
lurgence.
C - I - 3.2 Pièces justificatives
CHAQUE écriture doit s'appuyer sur une pièce
justificative datée et susceptible d'être présentée
à toute demande.
Il faut être intransigeant
sur cette règle.
L'origine, le contenu et l'imputation de chaque donnée
doivent être justifiés en clair.
La pièce justificative est appelée " pièce
comptable ".
Elle peut être :
- D'origine externe à l'association,
Exemples : factures reçues,
quittances, chèques des membres, avis de crédit
ou de débit.
- D'origine interne à l'association.
Exemples : Bulletins de paye, factures
relatives aux ventes, feuilles de calculs des amortissements.
En ce qui concerne les remboursements de frais, soyez vigilants
! Ils doivent être très précisément
justifiés pour éviter qu'ils ne soient considérés
comme des avantages en nature (ce qui ne serait pas sans conséquence
sociale et fiscale).
Remarques :
1. Evitez, autant que possible, les tickets de caisse.
Demandez une facture à vos magasins ou fournisseurs
au nom de l'association (et non à celui d'un des
dirigeants de cette dernière).
N'oubliez pas qu'une association est un sujet de droit indépendant
de ses dirigeants, de ses créateurs et de ses membres.
Faites en sorte qu'il n'y ait jamais de confusion entre
l'association et ses dirigeants.
2. Préparez un reçu-type à faire signer
par les bénéficiaires de vos libéralités.
3. Les opérations de même nature, réalisées
en un même lieu et au cours d'une même journée,
peuvent être récapitulées sur une pièce
justificative unique.
Enregistrement et classement
Les pièces justificatives doivent être minutieusement
examinées et vérifiées :
" Les achats doivent être autorisés et
approuvés par le ou les responsable(s) statutaire(s)
(Trésorier et/ou Président).
" Les dépenses doivent être exposées
dans l'intérêt et selon l'objet de l'association.
Ainsi, les dépenses d'une association cultuelle
doivent avoir été exposées pour l'exercice
du culte (achat, location ou entretien de l'édifice
du culte, logement et retraite du ministre du culte...).
Le comptable doit ensuite numéroter et classer
les pièces comptables : Chacune d'elles doit
être retrouvée rapidement (en cas de contrôle
par exemple !). Le classement peut être chronologique
ou thématique.
La référence de la pièce comptable
doit être reportée en comptabilité afin
de pouvoir la retrouver facilement.
Attention : Des trous dans la numérotation des pièces
comptables laissent supposer des suppressions de certaines
opérations dans la comptabilité et des disparitions
volontaires de documents comptables.
Les papillons comptables
Pour les pièces comptables de petite taille ou celles
nécessitant des commentaires pour permettre une identification
complète de la nature de la transaction, nous recommandons
l'emploi de feuilles (appelées papillons comptables)
sur lesquelles les pièces comptables seront agrafées
après pliage éventuel.
Sur ce papillon, pourront être indiqués les
comptes qui interviennent dans la comptabilisation de l'écriture.
Délai de conservation des pièces
justificatives
Vous devez garder les pièces justificatives pendant
:
5 ans sur le plan juridique,
6 ans sur le plan comptable,
10 ans sur le plan commercial (pour être en mesure
de prouver que l'on a payé les fournisseurs),
6 ans sur le plan fiscal (+ l'année en cours),
3 ans sur le plan social (+ l'année en cours),
30 ans en cas de versements de subventions publiques (Ne
peuvent concerner les associations cultuelles).
Gardez à vie :
- Les statuts et le(s) registre(s) des délibérations
(AG/CA) ;
- Les titres de propriétés des biens immobiliers
;
- Les contrats de bail.
© 1995-2010 Alain
LEDAIN
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