|
Associations
cultuelles et
travaux des commissaires aux comptes
|
Page mise en ligne en septembre 2010
Rappel :
Tout organisme bénéficiaire de dons de personnes
physiques ou morales ouvrant droit, au bénéfice
des donateurs, à un avantage fiscal au titre de l'impôt
sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés
doit assurer la certification de ses comptes annuels au-dessus
d'un montant de dons de 153 000 euros par an.
Cette disposition s'applique aux exercices ouverts à
compter du 1er janvier 2006.
Conséquence :
Les associations cultuelles dont le montant des dons excède
153 000 euros et qui bénéficient des dispositions
des articles 200 et 238 bis du Code général
des impôts, doivent procéder à la nomination
d'un commissaire aux comptes et de son suppléant.
Par suite, leurs comptes doivent être établis
et présentés conformément aux dispositions
du Plan Comptable Général et du Comité
de la Réglementation Comptable telles qu'elles sont
prévues, en particulier par le règlement CRC
99-01 du 16 février 1999 relatif aux modalités
d'établissement des comptes annuels des associations
et fondations.
Les informations données
dans la suite cet article sont indicatives et non exhaustives
: elles sont le fruit de deux expériences vécues
dans deux églises au cours du premier semestre 2008,
elles n'ont pas d'autre ambition que d'aider les associations
cultuelles à se préparer à la venue du
commissaire aux comptes.
Une première remarque :
Il faut savoir, qu'en raison du caractère permanent
de sa mission, le commissaire aux comptes peut intervenir
à tout moment de l'exercice comptable.
Son travail porte sur le contrôle des comptes selon
un plan établi. A cet effet, il devra disposer des
documents de l'association et mettra en uvre des techniques
propres à l'audit financier qui seront complétées
par d'autres contrôles juridiques imposées par
les textes.
Quelques documents que demandera le commissaire
aux comptes :
Pour bien mener sa mission, il est nécessaire que
le commissaire aux comptes puisse accéder facilement
à l'information.
Le commissaire aux comptes se fera communiquer sur place toutes
les pièces qu'il estime utiles à l'exercice
de sa mission, notamment :
Au plan juridique
Les statuts,
Les
récépissés de déclarations en
Préfecture,
Les
procès verbaux ou registres des procès verbaux
d'assemblées générales,
Les
procès verbaux ou registres des procès verbaux
de conseils d'administration,
Les
contrats d'assurances,
Le
contrat liant le ministre du culte à son association
cultuelle (" charte du ministère pastoral "),
Et
de façon plus générale, tous les contrats
et conventions.
Au plan comptable
Les comptes annuels : Bilan, compte de résultat, annexe,
La
balance à la date de fin d'exercice,
Le
grand-livre,
Les
pièces justificatives (notamment les factures ou autres
éléments dépassant un certain montant),
Les
états de rapprochement bancaire,
Le
double des reçus fiscaux,
Les
feuilles d'indemnités de culte / Les récapitulatifs
des cotisations
(le récapitulatif annuel sera rapproché des
charges sur rémunérations enregistrées
en comptabilité)
Le
tableau récapitulatif des immobilisations (Libellés,
dates d'acquisition, valeurs amortissables, durées
d'amortissements, dotations de l'exercice) : ce tableau sera
rapproché des comptes 20, 21 et 28.
Le
rapport d'activités (rapport moral) et le rapport financier,
Le
rapport de gestion.
La consultation de ces documents se fait sur place, mais
le commissaire aux comptes peut en prendre copie. Dans la
mesure où la demande d'un document est justifiée
par l'intérêt de la mission, l'association ne
peut refuser l'accès au document.
Contenu du rapport de gestion
Situation de l'association durant l'exercice écoulé
Evolution prévisible de l'association
Evènements importants intervenus entre la date de
clôture de l'exercice et l'établissement du
rapport de gestion
Modifications intervenues dans la présentation des
comptes annuels et dans les méthodes d'évaluation
retenues.
Le cas échéant, activités de l'association
en matière de recherche et de développement.
Remarque :
En cas d'activités de natures différentes,
il est recommandé de présenter une information
financière segmentée par établissement,
branche ou projet.
Procédures
Les procédures ne se limitent pas à des demandes
d'informations. Elles consistent également en l'observation
physique de l'application des procédures de contrôle
interne par l'association, en l'examen des enregistrements
comptables, à l'inspection des documents soit internes,
soit externes, sous forme papier, sous forme électroniques
ou autres supports, au contrôle physique des actifs
corporels, la vérification d'un calcul, etc.
Organisation de la comptabilité
Indépendamment du journal d'opérations diverses,
il est recommandé de créer les journaux suivants
:
Un journal d'achats ;
Un
journal pour les offrandes ou journal des ressources (dons
manuels et cotisations) ;
Un
journal des immobilisations ;
Un
journal de paye ou journal des salaires ;
Eventuellement,
un journal par banque pour les opérations ne se rattachant
pas à l'un des journaux précédents.
Certains commissaires aux comptes demandent d'enregistrer
dans des comptes différents :
Les dons pour lesquels il pourra être délivré
un reçu fiscal ;
Les
autres dons (dons anonymes, dons en espèces).
Associations propriétaires de leurs
locaux
Il devient obligatoire, pour les associations propriétaires
de leurs locaux, de procéder à ce que l'on appelle
: l' " amortissement par composants ".
Dans le cadre de l'harmonisation des règles françaises
(comptables et fiscales) avec les normes internationales,
et suite aux règlements CRC n° 2002-10, PCG art.322-1
- CRC n° 2004-06, PCG art. 311-2, le Code Général
des Impôts a modifié la règle fiscale
en matière de méthode d'amortissement.
Devront être comptabilisés en tant que composants
les éléments principaux d'immobilisations corporelles
devant faire l'objet de remplacement à intervalles
réguliers, ou ayant des utilisations différentes,
ou procurant des avantages économiques à l'association
selon un rythme différent et nécessitant
l'utilisation de taux ou de modes d'amortissement propres.
Cette comptabilisation séparée s'impose aussi
bien à l'origine que lors du remplacement de l'élément
concerné.
Autrement dit, si un ou plusieurs éléments
constitutifs d'un actif ont chacun des utilisations différentes,
chaque élément doit être comptabilisé
séparément et un plan d'amortissement propre
à chacun des éléments doit être
retenu.
Pour les bâtiments, la décomposition
minimale est en quatre composants :
Structure et ouvrages assimilés (amortissement sur
70 ans),
Menuiseries
extérieures : portes et fenêtres (amortissement
sur 25 ans),
Embellissement
et amélioration : peinture, papier peint, plâtre
(amortissement sur 15 ans),
Toitures
(amortissement sur 30 ans).
Deux composants supplémentaires pourront être
retenus, (ils sont alors déduits du composant "
Structure et ouvrages assimilés ") :
Electricité et chauffage électrique (amortissement
sur 25 ans).
Ce composant est généralement intégré
au composant principal " Structure et ouvrages assimilés
", mais il peut être isolé pour des raisons
de mise aux normes,
Plomberie
/ sanitaire (amortissement sur 25 ans).
L'inventaire annuel
L'inventaire annuel devra constater et mettre en évidence
les charges et les produits constatées d'avance, les
dettes fournisseurs, les dettes et charges sociales dont les
dettes et charges sur congés payés (régime
général de la Sécurité Sociale),
etc.
4 étapes que suivent les comptes
P Le trésorier et, éventuellement le
comptable, Préparent les comptes.
A Le conseil d'administration Arrête les
comptes.
C Le commissaire aux comptes Certifie les comptes.
A L'assemblée générale Approuve
les comptes.
Le commissaire aux comptes peut s'appuyer sur des travaux
établis par d'autres experts qualifiés dans
le domaine de l'audit.
|