|
Les remboursements de frais
(Les Allocations pour frais d'emploi)
(Entre autre source : Documentation administrative 5 F 1151)
Page actualisée en septembre 2007
Au sommaire de cette page :
- 1. Définition
- 2. Impositon
- 3. Remboursements de frais et cotisations
sociales
- 4.Collaborateur utilisant son véhicule
personnel
- 5. Déplacements avec un conjoint
- 6. Frais occasionnés par l'usage
d'outils NTIC personnels
- 7. Frais engagés en situation
de télétravail
1. Définition
Les remboursements de frais sont des sommes versées
à un salarié ou à un bénévole afin
de le dédommager des dépenses inhérentes à
sa fonction (véritables frais professionnels) et qu'il a du
engager pour l'accomplir.
Les remboursements de frais peuvent prendre la forme
:
- de remboursements de frais réels ;
- d'indemnités ou de remboursements forfaitaires (nous déconseillons
!) ;
- d'allocations en nature, telles que la mise à la disposition
du salarié ou du bénévole, pour ses déplacements
" professionnels ", d'un véhicule appartenant à
l'association.
2. Imposition
Principe
Les allocations destinées à couvrir les
frais inhérents à la fonction ou à l'emploi dans
l'association et effectivement utilisées conformément
à leur objet sont exonérées.
Toutefois les allocations pour frais versées
aux salariés ne sont exonérées d'impôt
que si elles correspondent à des dépenses autres que
celle déjà couvertes par la déduction forfaitaire
normale de 10%.
Les dépenses couvertes par la déduction
forfaitaire normale de 10%
Il s'agit des dépenses professionnelles courantes
auxquelles la plupart des salariés doivent faire face pour être
en mesure d'occuper leur emploi ou d'exercer leurs fonctions.
Entrent notamment dans cette catégorie :
- les frais de déplacement du domicile au lieu de travail ;
- les frais de restauration sur le lieu de travail ;
- les frais de documentation personnelle et de mise à jour des
connaissances nécessités par l'activité professionnelle.
Les remboursements éventuels dont ces frais
font l'objet de la part de l'association doivent être ajoutés
à la rémunération imposable (sauf exceptions
expressément prévues -par exemple, remboursement de la
carte orange en région parisienne, titres-restaurant) puisque
les dépenses considérées sont ensuite déduites
:
- soit dans le cadre de la déduction forfaitaire de 10 % ;
- soit pour leur valeur réelle lorsque le salarié renonce
à la déduction forfaitaire.
Frais susceptibles de donner lieu à des allocations
ou à des remboursements exonérés d'impôt.
Certains frais spéciaux peuvent faire l'objet
de remboursements de la part de l'association ou donner lieu au versement
d'indemnités ou d'allocations exonérées d'impôt.
Les frais dont il s'agit sont ceux occasionnés
par l'exercice même de la fonction au sein de l'association et
qui, spécifiques à cette activité, sont exposés
par le collaborateur directement dans l'intérêt de l'association.
Ce sont, par exemple :
- les frais liés aux déplacements nécessités
par l'emploi occupé ou les fonctions exercées, qu'il s'agisse
:
. de frais de restauration,
. de frais d'hébergement,
. de frais de transport, quels que soient le mode de transport utilisé
et les distances parcourues
- les dépenses entraînées par des
invitations résultant d'obligations professionnelles.
Conditions générales d'exonération
des remboursements de frais
Les allocations doivent correspondre à des dépenses
réelles
Les remboursements de frais doivent correspondre aux
dépenses réelles. Leur montant peut être
variable suivant la nature ou l'objet des associations qui les versent
et les conditions dans lesquelles les bénéficiaires exercent
leur activité. La fixation de ces allocations ou indemnités
doit donc être effectuée en fonction des charges réellement
supportées par les intéressés dans l'exercice de
leurs fonctions au service de l'association.
Les remboursements ou allocations ne sont, en outre,
susceptibles d'être exonérés que si les frais auxquels
ils sont destinés à faire face sont appuyés
de justifications suffisamment précises pour en établir
la réalité et le montant et s'il est clairement démontré
que les frais en cause ont été exposés dans
l'intérêt de l'association et ne sont pas d'un niveau
exagéré.
Toutefois, l'exonération n'est pas rejetée
systématiquement, pour le seul motif que leur emploi ne ferait
pas l'objet de justifications précises. Les allocations pour
frais au sujet desquelles le titulaire apporte toutes indications utiles
quant à leur raison d'être et quant à
leur utilisation, permettent à l'Administration d'en apprécier
le bien-fondé.
Toutefois, les éléments de preuve doivent
être d'autant plus précis que le montant des allocations
paraît élevé en valeur absolue ou par rapport au
montant global de la rémunération principale et aux conditions
dans lesquelles l'activité est exercée.
Remarque :
Si l'évaluation des allocations ou indemnités
peut comporter un certain degré d'approximation, elle ne doit,
en aucun cas, être obtenue par l'application d'un pourcentage,
fixe ou variable, aux rémunérations reçus.
Les allocations forfaitaires
Condition générale d'exonération
Les allocations forfaitaires ou en nature pour
frais doivent être utilisées conformément à
leur objet et répondre aux conditions générales
définies ci-dessus pour être affranchies de l'impôt.
Lorsque la réalité du versement des allocations est établie,
le bénéficiaire doit cependant être en mesure
de justifier de leur utilisation.
Salariés ou bénévoles et allocations
forfaitaires
Lorsqu'elles répondent aux conditions générales,
les allocations forfaitaires perçues par des salariés
ou bénévoles autres que les dirigeants et qui ne
pratiquent que la déduction forfaitaire de 10% sont exonérées
de l'impôt sur le revenu.
Allocations forfaitaires pour frais perçues
par les dirigeants d'organismes réputés sans but lucratif
Les indemnités, remboursements et allocations
forfaitaires pour frais versés aux dirigeants d'organismes
réputés sans but lucratif sont, quel que soit leur objet,
soumis à l'impôt sur le revenu .
Les " organismes réputés sans
but lucratif " sont ceux dont la gestion est désintéressée
au sens de l'article 261-7-d du Code Général des Impôts.
Allocations forfaitaires et dirigeants bénévoles
L'imposition des allocations forfaitaires ne s'applique
pas aux dirigeants des associations sans but lucratif qui exercent leur
activité à titre bénévole. Mais il va sans
dire que, si les allocations forfaitaires versées aux intéressés
apparaissaient excessives, compte tenu de la nature et de l'importance
des frais qu'elles sont destinées à couvrir ou des remboursements
de frais réels alloués par ailleurs, la partie de ces
allocations qui présente le caractère d'une véritable
rémunération doit être imposée au nom des
bénéficiaires au titre des revenus non commerciaux et
assimilés visés à l'article 92 du CGI.
Allocations forfaitaires pour frais perçues
par les dirigeants d'associations assujetties à l'impôt
sur les sociétés (Cas très rare parmi les associations
cultuelles)
Les indemnités, remboursements et allocations forfaitaires
pour frais, c'est-à-dire, en pratique, toutes les sommes destinées
à couvrir les frais inhérents à la fonction ou
à l'emploi dont le montant est calculé forfaitairement,
doivent être considérés comme un supplément
de rémunération passible de l'impôt lorsqu'ils sont
versés à un dirigeant ou assimilé (CGI, art.
80 ter).
Les indemnités, remboursements et allocations pour frais ne peuvent
être exonérés d'impôt que si leur montant
est fixé à partir du chiffre exact et justifié
des dépenses dont ils sont destinés à tenir compte.
Des remboursements calculés d'après des indications imprécises
ou des pièces comportant un chiffre global doivent être
considérés comme des remboursements forfaitaires, à
inclure dans la rémunération imposable.
Par ailleurs, toutes autres conditions étant
remplies, les sommes versées à titre d'allocations forfaitaires,
indemnités et remboursements de frais à des dirigeants
de groupements fiscalisés ne sont pas soumises à l'impôt
sur le revenu si elles leur sont allouées à raison d'une
activité salariée, indépendante de leurs fonctions
de dirigeants et donnant lieu à une rémunération
distincte (CE, arrêt du 14 décembre 1984, n° 42356).
Limites d'exonération fixées par voie
législative
Il est prévu des limites d'exonération
fixées par voie législative pour les versements d'allocations
forfaitaires correspondant aux catégories de frais professionnels
suivants :
- indemnités de repas liés à certaines circonstances,
à certaines contraintes ;
- indemnités de grand déplacement.
Dans ces limites, les allocations pour frais sont toujours
réputées utilisées conformément à
leur objet et ne peuvent donner lieu à aucune vérification
de la part de l'administration.
Les limites d'exonération pour l'année
2007 sont reproduites sur la page "Actualité
sociale en chiffres".
ACTES 6 déconseille
le remboursement de frais sous forme d'allocations forfaitaires.
3. Remboursements de frais et cotisations
sociales
3.1 Une première remarque
Pour un ministre du culte du régime " CAVIMAC
", les remboursements de frais n'ont aucune incidence sur le montant
des cotisations sociales.
3.2 Principe
Indemnisation sous la forme des dépenses réellement
engagées
Les remboursements effectués par l'association
au titre des frais professionnels et correspondant aux dépenses
réellement engagées par le collaborateur sont exclus
de l'assiette des cotisations lorsque l'association apporte la preuve
que le collaborateur est contraint d'engager ces frais supplémentaires
et produit les justificatifs de ces frais.
Indemnisation sous la forme d'allocations forfaitaires
Dans le cas d'une indemnisation des frais professionnels sous
la forme d'allocations forfaitaires, il appartient alors à l'association
de justifier le caractère professionnel de ces frais.
Lorsque des montants sont fixés par voie législative,
la déduction des allocations est acceptée lorsque les
indemnisations sont inférieures ou égales aux montants
fixés par l'arrêté, à condition que les
circonstances de fait soient établies.
Elles sont alors réputées avoir été
utilisées conformément à leur objet, la totalité
de l'allocation est exclue de l'assiette des cotisations.
Même lorsque des forfaits sont prévus,
l'association peut utiliser le système des remboursements de
frais réels.
Attention : Dans certains cas , le remboursement des frais
professionnels ne peut s'effectuer que sur la base des dépenses
réellement engagées.
4. Collaborateur utilisant son véhicule
personnel
Lorsqu'un collaborateur utilise son véhicule personnel,
pour le remboursement de ses frais de déplacements, nous recommandons
:
1. de noter les déplacements effectués pour
l'association (dates, lieux de départ et d'arrivée, distances,
MOTIFS),
Exemple de fiche établie par le collaborateur
:
|
Déplacements du mois de mars 2007
|
|
Jour
|
Départ
|
Arrivée
|
Distance
|
Motif
|
|
05
|
Roissy en Brie |
Noisiel |
15 km A/R
|
Visite pastorale chez M. et Mme DUPOND |
|
10
|
Roissy en Brie |
Joinville Le Pont |
45 km A/R
|
Pastorale de la région Est de PARIS |
|
...
|
... |
... |
...
|
... |
| Distance totale parcourue en mars |
215 km
|
|
| Distance totale parcourue depuis le 1er janvier 2007 |
712 km
|
|
En cas d'utilisation fréquente du véhicule
personnel pour l'association, nous recommandons l'utilisation d'un carnet
de bord reprenant les différents éléments du tableau
ci-dessus.
2. d'apporter un justificatif relatif à la puissance
fiscale du véhicule utilisé (photocopie de la carte grise)
;
3. d'utiliser le barème
kilométrique fiscal lorsqu'une voiture particulière
a été utilisée.
Un tarif inférieur peut être employé !
ATTENTION :
Le barème kilométrique ne peut
être utilisé que pour les voitures particulières
de tourisme, à l'exception des autres véhicules (véhicules
utilitaires
) et des motocyclettes pour lesquelles un barème
spécifique est prévu.
Ce barème couvre limitativement les dépenses
suivantes : dépréciation du véhicule, équipements
et accessoires (sauf radiotéléphones), dépenses
courantes de réparation et d'entretien, dépenses de pneumatiques,
vignettes, frais de carburant et primes d'assurances.
En cas d'option pour le barème, ces dépenses ne peuvent
donc en aucun cas être indemnisés pour leur montant réel.
Par contre, certains frais ne sont pas pris en compte
et peuvent, sous réserve des justifications nécessaires,
être ajoutés au montant des frais de transport évalués
en fonction du barème. Il s'agit notamment :
- des frais de garage, qui sont essentiellement constitués
par les frais de stationnement au sens large (parcmètres, parking
de plus ou moins longue durée).
En revanche, l'affectation du garage de l'habitation
principale du véhicule qui fait l'objet d'une utilisation professionnelle
ne justifie à ce titre aucune dépense supplémentaire.
- des frais de péage d'autoroute.
Cliquez
ici pour consulter le barème kilométrique fiscal...
Recommandation
Pour chaque collaborateur, établissez une fiche
de suivi des remboursements des frais de déplacements.
Cette fiche ne se substitue pas à celle établie
par le collaborateur.
Sur cette fiche, indiquez le kilométrage parcouru,
le taux ou la formule employée et l'indemnité versée.
Cette fiche permettra, entre autre, de vérifier le passage éventuel
des seuils de 5 000 et 20 000 km.
Remarque
Les indemnités kilométriques calculées
sur la base du barème fiscal et versées aux dirigeants
et aux personnes assimilées ne constituent pas des allocations
forfaitaires dès lors qu'il est dûment justifié
du kilométrage parcouru à titre professionnel au moyen
du véhicule concerné.
5. Déplacements avec un conjoint
M. X est invité par votre association pour une
série de " cours ". Il est accompagné de son épouse
et se déplace par le train. Vous ne pourrez rembourser le billet
de train de l'épouse que si elle a pris une part active à
l'enseignement. De plus, vous devrez garder soigneusement les preuves
de son intervention.
6. Frais occasionnés par l'usage
d'outils NTIC personnels
|
Rappel :
Les outils issus des Nouvelles technologies de l'information
et de la communication (NTIC) sont :
- la téléphonie mobile,
- le micro-ordinateur portable ou non,
- les progiciels,
- le modem d'accès à un télécopieur,
à l'ordinateur de l'association, à Internet
|
Un collaborateur est autorisé à utiliser
à des fins professionnelles les outils issus des nouvelles technologies
de l'information et de la communication (NTIC) qu'il possède et
il peut être remboursé par son association des dépenses
ainsi engagées à titre de frais professionnels.
Lorsque l'association n'est pas en mesure de justifier précisément
de la réalité des dépenses professionnelles, la part
des dépenses professionnelles est déterminée sur
la base de la déclaration du collaborateur qui évalue l'usage
professionnel. Cette part est retenue dans la limite de 50% de l'usage
total.
Lorsque les justificatifs produits permettront d'établir
de façon certaine le quantum de l'usage professionnel, les
frais correspondants seront exclus en totalité de l'assiette des
cotisations et cela quel qu'en soit le quantum. Le cas échéant,
les frais pourront ainsi excéder 50% de l'usage total.
7. Frais engagés en situation de
télétravail
Cliquez ici...
© 2003-2007 Alain LEDAIN
Cet article est tiré de la revue Entr'actes
(n°29 - Janvier 2003)
|