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RELANCE DU MECENAT : RAPPELS ET PRECISIONS
Page mise en ligne avant 2006
En complément, lisez aussi les
pages :
- Délivrance et édition
de reçus fiscaux : prudence !
- Reçus
fiscaux : la procédure de rescrit
- Reçus fiscaux :
question posée au Ministre de l'Economie
- Le plan de relance du mécénat
(loi du 1er août 2003)
Source : Bulletin officiel des impôts
5 B-9-04 du 9 avril 2004
AVERTISSEMENT
: Cette page est parue dans notre revue Entr'actes
en juillet 2004. Depuis, la loi de programmation pour la cohésion
sociale a apporté quelques changements. Nous les avons
signalés dans les cadres gris.
En introduction
Avant l'adoption de la loi du 1er
août 2003 relative au mécénat, aux associations
et aux fondations
Les dons que les particuliers effectuaient
au profit de certaines uvres ouvraient droit à
une réduction d'impôt égale à
50 % du montant des sommes versées, retenues
dans la limite d'un plafond égal à 10 %
du revenu imposable.
Pour les personnes qui effectuaient des
dons au profit d'un organisme sans but lucratif qui procédait
à la fourniture gratuite de repas à des personnes
en difficulté, qui contribuait à favoriser
leur logement ou qui procédait, à titre principal,
à la fourniture de soins à des personnes en
difficulté, le taux de la réduction d'impôt
était porté à 60 % dans la limite
d'un plafond de versements fixé à 407 €
pour l'imposition des revenus de 2002.
L'article 1er de la loi précitée
améliore sensiblement ce dispositif :
- il étend, sous certaines conditions,
le bénéfice de la réduction d'impôt
aux fondations d'entreprise ;
- il porte de 10 % à 20 %
le plafond des versements éligibles à la réduction
d'impôt de droit commun et de 50 % à 60
% les taux de celle-ci ;
Loi de programmation pour la
cohésion sociale nº 2005-32 du 18 janvier
2005 art. 127 : Pour l'imposition des revenus de l'année
2005, les dons et versements effectués par des
particuliers au profit des associations visées
aux articles 200 et 238 bis du Code Général
des impôts ouvrent droit à une réduction
d'impôt sur le revenu égale à 66
% de leur montant.
- enfin, il institue un mécanisme
de report sur cinq ans des dons qui, en raison de leur
importance, n'ont pas pu bénéficier de la
réduction d'impôt l'année du versement
pour la totalité de leur montant.
Par ailleurs , le taux particulier de la
réduction d'impôt applicable aux versements
réalisés au profit d'organismes ayant pour
objet l'aide aux personnes en difficulté a été
rehaussé de 60% à 66%. Le bénéfice
de cette réduction d'impôt est accordé
dans la limite d'un plafond spécifique de versements
fixé à 414 € pour 2003.
Cette limite est relevée chaque année
dans la même proportion que la limite supérieure
de la première tranche du barème de l'impôt
sur le revenu de l'année précédant
celle des versements. Le montant obtenu est arrondi, s'il
y a lieu, à l'euro supérieur. Pour les versements
réalisés en 2004, le plafond applicable est
par conséquent fixé à 422 €.
Loi de programmation pour la
cohésion sociale nº 2005-32 du 18 janvier
2005 art. 127 : Pour l'imposition des revenus de l'année
2005, le taux de la réduction d'impôt est
porté à 75 % pour les versements
effectués au profit d'organismes sans but lucratif
qui procèdent à la fourniture gratuite de
repas à des personnes en difficulté, qui
contribuent à favoriser leur logement ou qui procèdent,
à titre principal, à la fourniture gratuite
de soins à des personnes en difficulté.
Ces versements sont retenus dans la limite de 470 euros
pour l'imposition des revenus de l'année 2005.
Précisions et développement
Les avantages fiscaux relatifs au mécénat
sont renforcés afin d'inciter à la générosité
du public.
- La fraction des dons bénéficiant
de la réduction d'impôt de 66 % n'est pas prise
en compte pour l'appréciation du plafond de versements
de droit commun (20 % du revenu imposable) ouvrant droit
à la réduction d'impôt de 60 %.
Cela étant, lorsque le montant des dons effectués
au profit d'organismes ayant pour objet l'aide aux personnes
en difficulté, excède le plafond spécifique
(414 € pour 2003), l'excédent est éligible
à la réduction d'impôt de droit commun
(60 %), dans la limite du plafond général
de 20 % du revenu imposable du donateur .
- La fraction des dons qui n'a pas bénéficié
de la réduction d'impôt l'année de leur
versement ouvre droit à cet avantage fiscal au titre
des cinq années suivantes.
Le mécanisme de report
Afin de favoriser les dons d'un montant
élevé, il est autorisé le report des
sommes qui, en raison de leur importance, n'ont pas pu bénéficier
de la réduction d'impôt au titre de l'année
de leur versement, sur les cinq années suivant celle
de la réalisation du don.
Ainsi, lorsque les dons consentis excèdent,
l'année du versement, la limite annuelle de 20 %
du revenu imposable du donateur, l'excédent est désormais
reportable successivement sur l'année suivante et,
le cas échéant, sur celles qui suivent, jusqu'à
la cinquième inclusivement.
Les sommes reportées, qu'elles proviennent
ou non de dons réalisés au profit d'organismes
venant en aide aux personnes en difficulté, ouvrent
droit, avec les dons de l'année concernée,
à la réduction d'impôt de 60 % dans
la limite de 20 % du revenu imposable de ladite année.
Les excédents reportés sont pris en considération
avant les versements de l'année. En outre, les excédents
les plus anciens sont retenus en priorité.
Exemple
Un contribuable effectue les dons suivants en 2003 et 2004
(aucun don en 2005) :
* 2003 : 10 000 € dont 3 000 € en faveur d'un
organisme d'aide aux personnes en difficulté ;
* 2004 : 7 000 € dont 2 000 € en faveur d'un organisme
d'aide aux personnes en difficulté.
Son revenu imposable s'élève à 40 000
€ en 2003, 2004 et 2005.
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Années d'impositions :
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2003
(en euros)
|
2004
(en euros)
|
2005
(en euros)
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Montant des dons à prendre en
compte :
- aide aux personnes en difficulté :
- autres organismes d'intérêt général
:
- report des dons non imputés l'année
précédente : |
10 000
3 000
7 000
0
|
8 586
2 000
5 000
1 586
|
164
0
0
164
|
Plafonds de déduction :
- aide aux personnes en difficulté (plafond spécifique)
:
- autres organismes d'intérêt général
(20 % du revenu imposable) : |
414
8 000
|
422
8 000
|
470
8 000
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| Montant des dons reportable sur l'année
suivante |
1 586(1)
|
164(3)
|
0
|
Réduction d'impôt :
- aide aux personnes en difficulté (66 % des
dons retenus dans la limite du plafond spécifique)
:
- autres organismes d'intérêt général
(60 % des dons retenus dans la limite du plafond de
droit commun) : |
5 073
273
4 800(2)
|
5 079
279
4 800(2)
|
108
0
108(4)
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(1) 10 000 € - (8 000 € + 414
€) = 1 586 €
(2) 8 000 € x 60 % = 4 800 € *** 414 € x
66% = 273 €
(3) 8 586 € - (8 000 € + 422 €) = 164 €
*** 422 € x 66% = 279 €
(4) 164 € x 66 % = 108
€ (Les 66% viennent de la loi de programmation pour
la cohésion sociale nº 2005-32)
Modalités de contrôle des versements
faisant l'objet d'un report
Le reçu fiscal délivré
par l'organisme bénéficiaire du versement
est joint à la déclaration des revenus souscrite
au titre de l'année du versement du don. Les contribuables
qui souscrivent leur déclaration par voie électronique
conservent le reçu par-devers eux et le produisent
à la demande du service .
En cas de report, la situation est la suivante
:
· le contribuable déclare
ses revenus par voie électronique l'année
du versement des dons.
Dans cette hypothèse, le contribuable
conserve par-devers lui les reçus durant toute
la période au cours de laquelle il est susceptible
d'avoir à justifier du bien fondé des réductions
d'impôt obtenues, c'est-à-dire l'année
du versement, les cinq années suivantes et jusqu'à
l'expiration du délai au cours duquel l'administration
est susceptible d'exercer son droit de reprise.
· le contribuable ne déclare
pas ses revenus par voie électronique l'année
du versement des dons.
Le reçu est joint à la
déclaration des revenus afférente à
l'année au cours de laquelle le versement est
intervenu. La validation du reçu fiscal s'effectue
en principe l'année du versement du don.
Complément
Les organismes bénéficiaires
de dons ouvrant droit aux avantages fiscaux (organismes bénéficiaires
de dons des particuliers et des entreprises) sont tenus d'assurer
la publicité par tous moyens et la certification
de leurs comptes annuels au dessus d'un montant de dons
de 153 000 € par an.
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La partie de cet encadré
a été mise en ligne en octobre 2010.
Les conditions de cette obligation sont précisées
par un décret en Conseil d'Etat .
Ce décret stipule que " Les associations
et fondations soumises aux prescriptions du premier
alinéa de l'article L. 612-4 du code de commerce
assurent la publicité de leurs comptes annuels
et du rapport du commissaire aux comptes sur le site
internet de la Direction des Journaux officiels.
A cette fin, elles transmettent par voie électronique
à la Direction des Journaux officiels, dans les
trois mois à compter de l'approbation des comptes
par l'organe délibérant statutaire, les
documents mentionnés audit alinéa [comptes
annuels comprenant un bilan, un compte de résultat
et une annexe][
] . Un arrêté
du Premier ministre fixe les modalités de cette
transmission.
Ces documents sont publiés sous forme électronique
par la Direction des Journaux officiels, dans des conditions
de nature à garantir leur authenticité
et leur accessibilité gratuite.
Cette prestation donne lieu à rémunération
pour service rendu dans les conditions prévues
par le décret susvisé du 31 août
2005. "
Pour aller plus loin, voyez la page
Mise en service du formulaire de dépôt
des comptes des associations
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Les conditions de cette obligation seront
précisées ultérieurement par un décret
en Conseil d'Etat. Nous ne manquerons pas de tenir informer
nos lecteurs dès parution de ce décret.
Est concernée par ces obligations, une église
(ou une fédération d'églises) pouvant
recevoir des dons et legs et dont le montant des dons est
supérieur à 153 000 € par an.
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La certification appartient aux commissaires
aux comptes
Justifiant de leurs appréciations, les commissaires
aux comptes certifient que les comptes annuels sont
réguliers et sincères et donnent une image
fidèle du résultat des opérations
de l'exercice écoulé ainsi que de la situation
financière et du patrimoine de l'association
à la fin de cet exercice.
Ils ont pour mission permanente, à l'exclusion
de toute immixtion dans la gestion, de vérifier
les valeurs et les documents comptables de l'association
et de contrôler la conformité de sa comptabilité
aux règles en vigueur.
Ils vérifient également la sincérité
et la concordance avec les comptes annuels des informations
données dans le rapport de gestion du conseil
d'administration et dans les documents adressés
aux membres sur la situation financière et les
comptes annuels.
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© 1995 - 2005 Alain
LEDAIN
Cette page est tirée de la revue Entr'actes
(n°36 - Juillet 2004).
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